Ninh Binh, située à environ 100 kilomètres au sud de Hanoi, représente l’une des destinations les plus spectaculaires du nord du Vietnam. Cette province, souvent surnommée la « baie d’Halong terrestre », dévoile un paysage karstique extraordinaire où d’immenses pitons calcaires émergent majestueusement au milieu de rizières verdoyantes et de cours d’eau sinueux. Reconnue par l’UNESCO pour son patrimoine naturel et culturel exceptionnel, Ninh Binh offre une alternative fascinante à la célèbre baie d’Halong maritime. La région concentre une richesse remarquable de sites naturels préservés, de vestiges historiques millénaires et de sanctuaires spirituels nichés au cœur d’une campagne vietnamienne authentique. Découvrir Ninh Binh, c’est s’immerger dans un Vietnam intemporel où la nature et l’histoire se conjuguent harmonieusement.
Tràng an : complexe paysager karstique classé UNESCO
Le complexe de Tràng An constitue sans conteste le joyau naturel de la province de Ninh Binh. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2014, ce site exceptionnel s’étend sur plus de 6 000 hectares et combine une valeur naturelle extraordinaire avec une importance archéologique et culturelle considérable. Le paysage karstique de Tràng An témoigne de millions d’années d’évolution géologique, créant un système complexe de vallées immergées, de grottes spectaculaires et de formations rocheuses vertigineuses. Les recherches archéologiques menées dans la région ont révélé des traces d’occupation humaine remontant à plus de 30 000 ans, faisant de Tràng An un lieu chargé d’histoire où nature et civilisation se sont intimement mêlées.
Parcours en sampan à travers les grottes de tràng an
L’exploration de Tràng An s’effectue principalement en sampan traditionnel, ces embarcations légères manœuvrées avec agilité par des rameuses locales qui utilisent leurs pieds pour pagayer. Cette technique ancestrale permet une navigation silencieuse et respectueuse de l’environnement exceptionnel qui vous entoure. Trois circuits principaux sont proposés aux visiteurs, chacun d’une durée approximative de 2 à 3 heures. Le parcours serpente entre les pitons calcaires monumentaux, franchissant une succession de grottes naturelles aux dimensions impressionnantes. Certaines cavités plongent les passagers dans une obscurité totale pendant plusieurs dizaines de mètres, créant une expérience immersive unique. La diversité des circuits permet d’adapter la visite selon vos préférences, certains itinéraires privilégiant les aspects naturels tandis que d’autres intègrent davantage de sites culturels et religieux.
Temples et pagodes bái đính dans le complexe de tràng an
Le complexe de Bái Đính représente le plus grand ensemble bouddhiste d’Asie du Sud-Est, s’étendant sur plus de 700 hectares à proximité immédiate de Tràng An. Ce gigantesque site religieux comprend l’ancienne pagode historique, construite au 11ème siècle, ainsi qu’un vaste complexe moderne inauguré en 2010. La nouvelle pagode Bái Đính impressionne par ses dimensions colossales et ses records architecturaux : la plus haute statue de Bouddha en bronze du Vietnam (10 mètres de hauteur), le plus long corridor d’arhats avec ses 500 statues, et une cloche en bronze monumentale pesant 36 tonnes. L’architecture du site mélange harmon
ique traditionnelle vietnamienne avec des éléments inspirés des grands temples bouddhistes d’Asie de l’Est. La visite se fait généralement à pied, mais des voiturettes électriques (payantes) permettent de se déplacer plus facilement entre les différents pavillons, surtout en pleine chaleur. Prévoyez au minimum deux à trois heures pour apprécier pleinement le site, monter jusqu’au grand stupa panoramique et profiter des vues spectaculaires sur l’ensemble du complexe et, au loin, sur le paysage karstique de Ninh Binh.
Pour optimiser votre visite, il est conseillé d’arriver tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque la lumière est plus douce et l’affluence moindre. Les jours de grandes fêtes bouddhistes et pendant le Têt lunaire, Bái Đính peut être extrêmement fréquenté, avec des milliers de pèlerins venus de tout le pays. Pensez également à adopter une tenue correcte couvrant épaules et genoux, en signe de respect pour ce haut lieu du bouddhisme vietnamien.
Grotte sáng et grotte tối : circuits touristiques écologiques
Au sein du complexe paysager de Tràng An, certaines excursions en sampan incluent la découverte de la grotte Sáng (« grotte lumineuse ») et de la grotte Tối (« grotte sombre »). Ces deux cavités, souvent parcourues successivement, illustrent parfaitement la diversité des paysages souterrains de Ninh Binh. La grotte Sáng, relativement courte et largement ouverte, laisse filtrer de beaux rais de lumière qui se reflètent sur l’eau émeraude, créant une atmosphère presque irréelle. À l’inverse, la grotte Tối plonge les visiteurs dans une obscurité quasi totale, seulement rompue par les lampes frontales ou les éclairages minimalistes disposés sur les sampans.
Ces grottes font partie de circuits touristiques écologiques conçus pour limiter l’impact sur l’environnement fragile de Tràng An. Les embarcations sont non motorisées, les flux de visiteurs sont régulés et certaines zones sont fermées en alternance pour permettre à l’écosystème de se régénérer. Vous remarquerez d’ailleurs que les guides locaux insistent sur la nécessité de ne rien jeter dans l’eau et de ne pas toucher les stalactites, qui mettent des milliers d’années à se former. Si vous voyagez avec des enfants, ces contrastes de lumière entre Sáng et Tối constituent une excellente façon de les sensibiliser à la géologie et à la protection des grottes, tout en rendant la balade ludique.
Pour profiter au mieux de cette partie de la baie d’Halong terrestre, pensez à emporter un vêtement léger même en saison chaude : à l’intérieur des grottes, la température baisse légèrement et l’humidité est élevée. Une casquette ou un chapeau peut aussi être utile, car certaines sections présentent un plafond bas et il faut parfois se pencher pour éviter les concrétions. En choisissant un circuit incluant Sáng et Tối, vous combinerez ainsi découverte paysagère, expérience sensorielle et démarche de tourisme responsable au cœur de Ninh Binh.
Vallée de mua cave : ascension des 500 marches pour panorama karstique
La vallée de Mua Cave, dominée par le pic de Hang Múa, offre l’un des panoramas les plus spectaculaires de toute la région de Ninh Binh. Située à quelques kilomètres seulement de Tam Cốc, elle est facilement accessible à vélo ou en scooter. Le site se compose d’un vaste jardin paysager, d’un petit étang de lotus et surtout d’un escalier en pierre serpentant jusqu’au sommet de la montagne. En gravissant les quelque 500 marches, vous rejoignez un point de vue impressionnant qui embrasse l’ensemble de la vallée karstique, la rivière Ngô Đồng et les rizières à perte de vue.
L’ascension peut paraître intimidante, mais elle reste accessible à toute personne en bonne condition physique, à condition de prendre son temps et de faire quelques pauses. En chemin, vous croiserez de petits autels et des sculptures de dragons qui ajoutent une dimension spirituelle au parcours, comme si vous suiviez un ancien sentier de pèlerinage. Au sommet, le paysage s’ouvre à 360° : par temps clair, on distingue nettement les pitons calcaires de Tràng An, les champs cultivés et les villages traditionnels. C’est l’un des meilleurs endroits de la baie d’Halong terrestre pour prendre des photos panoramiques ou simplement contempler le paysage en silence.
Pour éviter les fortes chaleurs et la foule, l’idéal est de monter tôt le matin ou en fin de journée, au moment du coucher de soleil. Les couleurs dorées qui se reflètent sur les roches et les rizières créent alors une scène presque irréelle, digne d’un film. Pensez à emporter de l’eau, des chaussures fermées antidérapantes et, si possible, un coupe-vent léger en saison plus fraîche, car il peut y avoir un peu de vent au sommet. La vallée de Mua Cave s’intègre parfaitement dans un itinéraire de 2 ou 3 jours à Ninh Binh, combinée avec Tam Cốc et Bích Động.
Tam cốc – bích động : la baie d’halong terrestre
Si Tràng An est souvent présenté comme le visage officiel de Ninh Binh, Tam Cốc – Bích Động en incarne la facette la plus emblématique et la plus photogénique. On la surnomme d’ailleurs volontiers « la véritable baie d’Halong terrestre », tant ses pitons calcaires semblent jaillir d’une mer de rizières. Cette zone, située à une dizaine de kilomètres au sud de la ville de Ninh Binh, se structure autour du village de Tam Cốc, point de départ de nombreuses excursions en barque, à vélo ou à pied. Ici, tout est à échelle humaine : petites maisons familiales, homestays au bord des rizières, buffles paissant tranquillement et villageois travaillant dans les champs.
La combinaison unique de rivières sinueuses, de grottes naturelles et de temples troglodytiques fait de Tam Cốc – Bích Động un concentré de ce que la baie d’Halong terrestre a de plus spectaculaire. Contrairement à la baie d’Halong maritime, où l’on se déplace en jonque ou en bateau de croisière, vous êtes ici au cœur de la campagne, au plus près de la vie rurale vietnamienne. C’est une destination idéale pour ralentir le rythme, s’immerger dans le quotidien des habitants et profiter de la nature sans renoncer au confort minimal nécessaire à un séjour agréable.
Navigation fluviale sur la rivière ngô đồng
Une balade en barque sur la rivière Ngô Đồng est l’activité incontournable à Tam Cốc. Depuis l’embarcadère principal du village, des sampans traditionnels vous emmènent pour une excursion d’environ deux heures au fil de l’eau. Les rameuses, majoritairement des femmes du village, manœuvrent leur embarcation avec une étonnante dextérité en utilisant leurs pieds pour pagayer, une technique spectaculaire et très photogénique. Au fil de la navigation, la rivière serpente entre des falaises calcaires abruptes et des rizières qui changent de couleur au gré des saisons, passant du vert tendre au jaune doré juste avant la récolte.
C’est au printemps et au début de l’été que le paysage de Tam Cốc atteint son apogée, lorsque les rizières en terrasses sont inondées de lumière et que les lotus commencent à fleurir. Vous glissez alors sur un véritable ruban d’eau encadré de tableaux vivants : paysans courbés dans les champs, buffles se rafraîchissant dans la rivière, enfants traversant les diguettes à vélo. Pour éviter les foules, privilégiez un départ le matin entre 7h30 et 9h ou en fin d’après-midi après 15h30. En milieu de journée, les groupes arrivant de Hanoi saturent souvent l’embarcadère, ce qui peut nuire à la tranquillité de l’expérience.
Il est d’usage de laisser un petit pourboire à la rameuse à la fin de la balade, en complément de son salaire fixe. De même, certains vendeurs flottants vous proposeront boissons ou snacks au fil de l’eau : à vous de voir si vous souhaitez en acheter, mais un refus poli suffit si ce n’est pas le cas. En choisissant vos horaires avec soin et en adoptant une attitude respectueuse, vous profiterez pleinement de cette navigation au cœur de la baie d’Halong terrestre.
Grottes naturelles hang cả, hang hai et hang ba
Le nom même de Tam Cốc signifie « trois grottes » en vietnamien, en référence aux cavités que la rivière Ngô Đồng traverse successivement : Hang Cả, Hang Hai et Hang Ba. Ces grottes, sculptées patiemment par l’érosion au fil des millénaires, constituent les temps forts de la balade en sampan. Hang Cả, la première, est aussi la plus longue, avec près de 130 mètres de galerie souterraine. Son plafond, parfois très bas, oblige les passagers à se pencher légèrement, créant une sensation immersive, presque intime, avec la roche.
Hang Hai et Hang Ba sont plus courtes, mais elles se distinguent par la finesse de leurs stalactites et par la manière dont la lumière se reflète à la sortie, révélant soudain la splendeur du paysage karstique. Traverser ces grottes, c’est un peu comme franchir des portes successives donnant accès à des mondes différents : la pénombre fraîche et silencieuse laisse place, à chaque sortie, à des vallées baignées de soleil. Cette alternance de clair et d’obscur rappelle le rythme d’une respiration, celui de la baie d’Halong terrestre elle-même.
Pour photographier les grottes, mieux vaut disposer d’un appareil capable de gérer les faibles lumières ou augmenter légèrement la sensibilité ISO. Cependant, n’oubliez pas de simplement poser votre appareil à certains moments pour profiter du moment présent. Les batelières connaissent parfaitement le tracé de la rivière et ralentissent souvent à l’intérieur des grottes, ce qui laisse le temps d’observer les détails géologiques, parfois comparés par les locaux à des animaux mythiques ou à des figures légendaires.
Pagode bích động : sanctuaire bouddhiste troglodytique
À seulement 2 kilomètres de l’embarcadère de Tam Cốc, la pagode Bích Động constitue l’autre grande attraction de la zone. Ce sanctuaire bouddhiste troglodytique, souvent surnommé la « pagode dans la grotte de jade », est adossé à une falaise calcaire recouverte de végétation tropicale. Il se compose en réalité de trois pagodes superposées : la pagode Ha (inférieure) au pied de la montagne, la pagode Trung (médiane) à mi-pente, et la pagode Thượng (supérieure) tout en haut, accessible après avoir gravi une série d’escaliers de pierre.
La visite commence par un petit pont de pierre franchissant un étang de lotus, dominé par un portail traditionnel extrêmement photogénique. Vous pénétrez ensuite dans un univers à la fois minéral et spirituel, où les statues de Bouddha se mêlent aux parois de la grotte. À la pagode Trung, l’autel principal est littéralement encastré dans la roche, créant une atmosphère recueillie, accentuée par l’odeur de l’encens et la lumière tamisée. En poursuivant jusqu’à la pagode Thượng, vous accédez à un point de vue remarquable sur les champs de roseaux et les pitons environnants.
La montée n’est pas très longue, mais elle comporte quelques marches irrégulières : prévoyez des chaussures adaptées et faites attention par temps de pluie, lorsque la pierre devient glissante. Bích Động peut être visitée à toute heure, mais les premières heures du matin offrent une lumière particulièrement douce, avec souvent un léger voile de brume qui enveloppe les sommets karstiques. Si vous cherchez un lieu emblématique de la baie d’Halong terrestre qui combine spiritualité, patrimoine et paysage, la pagode Bích Động est incontournable.
Réserve ornithologique de thung nham
À quelques kilomètres à l’est de Tam Cốc se trouve la réserve ornithologique de Thung Nham, un vaste parc écotouristique encore relativement préservé des grands flux touristiques. Nichée au cœur d’une vallée karstique, cette zone humide est un véritable sanctuaire pour plus de 40 espèces d’oiseaux, dont des hérons, des cigognes, des canards sauvages et, avec un peu de chance, des espèces plus rares. Les barques glissent silencieusement sur une lagune entourée de falaises couvertes de végétation, tandis que des nuées d’oiseaux prennent leur envol au petit matin ou au crépuscule.
La visite de Thung Nham ne se limite pas à l’observation ornithologique. Le site abrite plusieurs grottes remarquables, comme la grotte de Vai Gioi, accessible après une volée de marches, ou encore la grotte de But avec sa statue naturelle en forme de Bouddha. Des sentiers de randonnée permettent de parcourir le parc à pied, en passant par des vergers de fruits tropicaux, des jardins aménagés et quelques points de vue bien placés. Il est également possible d’y passer la nuit dans des bungalows ou des maisons sur pilotis, pour profiter pleinement du calme nocturne et des chants d’oiseaux au lever du jour.
Pour observer les oiseaux dans les meilleures conditions, il est recommandé d’arriver tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque les colonies regagnent leurs arbres-dortoirs. Munissez-vous de jumelles et, si possible, d’un appareil photo équipé d’un téléobjectif pour capturer les scènes à distance sans déranger les animaux. En combinant Thung Nham avec Tam Cốc et Bích Động, vous obtenez un itinéraire complet qui réunit paysages karstiques, grottes, pagodes et faune sauvage, l’essence même d’un séjour réussi à Ninh Binh.
Parc national de cúc phương : biodiversité forestière tropicale
À une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Ninh Binh s’étend le parc national de Cúc Phương, première aire protégée créée au Vietnam en 1962. Couvrant plus de 22 000 hectares, ce parc est un véritable laboratoire à ciel ouvert pour les biologistes comme pour les voyageurs curieux. On y trouve une forêt tropicale dense, des grottes spectaculaires, une faune variée (singes, chauves-souris, oiseaux, insectes) et une flore d’une richesse exceptionnelle, avec plus de 2 000 espèces de plantes recensées. Pour qui souhaite compléter la découverte de la baie d’Halong terrestre par une immersion en pleine jungle, Cúc Phương est une étape incontournable.
Le parc se prête particulièrement bien à la randonnée, avec plusieurs sentiers balisés de difficulté variable. Certains itinéraires mènent à des arbres millénaires au tronc gigantesque, d’autres à des grottes préhistoriques ou à des points de vue sur la canopée. En saison des pluies, la végétation est d’un vert intense et les cascades sont plus abondantes, mais les sentiers peuvent être boueux ; en saison sèche, les conditions de marche sont plus confortables et la visibilité meilleure. Dans tous les cas, des chaussures de randonnée fermées, un répulsif anti-moustiques et suffisamment d’eau sont indispensables.
Centre de sauvetage des primates en voie de disparition
À l’entrée du parc national de Cúc Phương se trouve le Centre de sauvetage des primates en voie de disparition, une institution reconnue qui travaille depuis plusieurs décennies à la protection des gibbons, langurs et autres espèces menacées. Ce centre, géré en coopération avec des organisations internationales, recueille des animaux victimes du braconnage ou du trafic illégal, les soigne et, lorsque c’est possible, les réintroduit dans leur milieu naturel. Pour les visiteurs, c’est une occasion unique d’observer de près certaines espèces extrêmement rares, comme le langur de Delacour, endémique de la région de Ninh Binh.
La visite se fait généralement en compagnie d’un guide du centre, qui explique les enjeux de la conservation des primates au Vietnam, les menaces qui pèsent sur eux et les actions entreprises pour y faire face. Vous verrez les enclos d’adaptation, les zones de soins et, selon les horaires, assisterez peut-être au nourrissage. Il ne s’agit pas d’un zoo : ici, la priorité est donnée au bien-être des animaux et à la pédagogie. Les photographies sont autorisées, mais l’usage du flash est interdit pour ne pas stresser les primates.
En incluant ce centre dans votre programme à Cúc Phương, vous donnez un sens supplémentaire à votre voyage à Ninh Binh : au-delà des paysages, vous soutenez concrètement des initiatives de protection de la biodiversité. Une contribution modeste, certes, mais qui, multipliée par le nombre de visiteurs responsables, peut faire une réelle différence pour ces espèces en danger critique.
Grotte de l’homme préhistorique : site archéologique de 7000 ans
Parmi les nombreuses grottes que compte le parc de Cúc Phương, la grotte de l’Homme préhistorique (Động Người Xưa) est sans doute la plus emblématique. C’est ici que des archéologues ont mis au jour, dans les années 1960, des vestiges d’occupation humaine datant de 7 000 à 12 000 ans, faisant de ce site l’un des berceaux préhistoriques du nord du Vietnam. La grotte se situe à flanc de colline, accessible par un sentier et un escalier de pierre qui demandent un minimum d’effort, mais restent tout à fait abordables pour la plupart des visiteurs.
À l’intérieur, des panneaux explicatifs (souvent en vietnamien et en anglais) présentent les principaux résultats des fouilles : outils en pierre, fragments d’os, traces de foyer, etc. Même si les artefacts originaux ont été transférés dans des musées, l’atmosphère du lieu permet d’imaginer la vie de ces premiers habitants, réfugiés dans la cavité pour se protéger des éléments et des prédateurs. L’éclairage reste discret afin de préserver au maximum l’intégrité de la grotte, ce qui renforce l’impression de remonter le temps.
Visiter la grotte de l’Homme préhistorique, c’est prendre conscience que les paysages que vous admirez aujourd’hui à Ninh Binh ont été, dès la préhistoire, un cadre de vie privilégié pour les populations humaines. Ce lien profond entre l’homme et la nature est au cœur de l’identité de la baie d’Halong terrestre, et Cúc Phương en offre l’une des expressions les plus tangibles.
Arbres millénaires et écosystème de forêt primaire
La forêt primaire de Cúc Phương abrite plusieurs arbres géants, dont l’âge est estimé à plus de 1 000 ans. Certains circuits de randonnée mènent spécifiquement à ces colosses végétaux, parfois indiqués par des panneaux comme « arbre de mille ans ». Leur tronc monumental, que plusieurs adultes peuvent à peine encercler en se tenant la main, donne une idée de la puissance du temps à l’œuvre dans ces écosystèmes tropicaux. Les racines, énormes et parfois aériennes, forment un enchevêtrement spectaculaire qui rappelle presque l’architecture de temples anciens.
Sur ces sentiers, vous découvrez également la diversité de la faune de la forêt : papillons multicolores, insectes étonnants, oiseaux aux chants variés, et, avec un peu de chance, quelques primates dans la canopée. En saison des papillons, généralement entre avril et juin, des milliers de lépidoptères envahissent les sous-bois et les clairières, transformant votre randonnée en véritable conte de fées. C’est un moment rare, comparable à un feu d’artifice naturel, qui reste longtemps gravé dans la mémoire des voyageurs.
Pour préserver cette richesse, il est essentiel de rester sur les chemins balisés, de ne pas cueillir de plantes ni déranger les animaux. Le parc propose parfois les services de guides locaux qui connaissent parfaitement la forêt et peuvent vous aider à repérer discrètement certaines espèces. En combinant Cúc Phương avec les paysages karstiques de Tràng An et Tam Cốc, vous obtenez une vision complète de la diversité naturelle de Ninh Binh, des pics calcaires aux forêts tropicales.
Hoa lư : ancienne capitale féodale des dynasties đinh et lê
Avant que Hanoï ne devienne la capitale du Vietnam, c’est à Hoa Lư que le pouvoir politique s’était établi à la fin du Xe siècle. Nichée au cœur d’une vallée entourée de montagnes karstiques, cette ancienne cité royale fut le centre du royaume sous les dynasties Đinh et Lê antérieurs, entre 968 et 1010. Aujourd’hui, il ne subsiste plus des palais que quelques vestiges et des temples construits ultérieurement, mais le site conserve une atmosphère solennelle, renforcée par son écrin naturel spectaculaire. Classé au patrimoine mondial au sein du complexe paysager de Tràng An, Hoa Lư représente une étape clé pour comprendre l’histoire médiévale du Vietnam.
La visite se concentre principalement sur deux temples : celui dédié au roi Đinh Tiên Hoàng et celui en l’honneur du roi Lê Đại Hành. Construits au XVIIe siècle sur l’emplacement supposé des anciens palais, ces édifices mêlent bois sculpté, toits recourbés et jardins clos. Les autels richement décorés, les brûleurs d’encens et les cloches de bronze témoignent de la vénération toujours vivace pour ces souverains fondateurs. En parcourant les cours pavées et les portiques successifs, on imagine aisément les processions et cérémonies d’antan, lorsqu’Hoa Lư était au cœur du pouvoir féodal.
Le site se découvre facilement à pied, mais il est également possible de l’inclure dans une balade à vélo plus large depuis Tam Cốc ou Tràng An, en empruntant les petites routes de campagne bordées de rizières. Si vous visitez Ninh Binh au printemps, ne manquez pas le festival annuel de Hoa Lư, qui a lieu au troisième mois lunaire et met en scène processions, jeux populaires et représentations historiques. C’est une occasion unique de voir l’histoire prendre vie et de ressentir l’attachement des Vietnamiens à leur patrimoine.
Cathédrale de phát diệm : architecture sino-vietnamienne catholique
À environ 30 kilomètres au sud-est de Ninh Binh, la cathédrale de Phát Diệm offre un contraste saisissant avec les pagodes bouddhistes et les temples confucéens de la région. Construite entre 1875 et 1891 sous la direction du prêtre vietnamien Trần Lục, surnommé le Père Six, cette cathédrale en pierre marie de façon étonnante une structure chrétienne avec une esthétique inspirée des maisons communales et des pagodes traditionnelles. Vue de l’extérieur, on pourrait presque la prendre pour un temple vietnamien, jusqu’à ce que la croix au sommet et les bas-reliefs chrétiens révèlent sa véritable vocation.
Le complexe s’étend sur plusieurs hectares et comprend la grande cathédrale, plusieurs chapelles en pierre, un lac ornemental et une grotte artificielle dédiée à la Vierge. À l’intérieur, des colonnes massives en bois soutiennent une charpente élégante, tandis que des motifs sculptés représentent à la fois des symboles chrétiens et des éléments décoratifs asiatiques, comme les nuages stylisés ou les dragons. Cette fusion architecturale illustre la manière dont le catholicisme s’est enraciné dans la culture locale en s’appropriant certains codes esthétiques vietnamiens.
La visite de Phát Diệm se fait librement, mais il est important de respecter le caractère sacré des lieux, en particulier lors des offices. Une tenue décente est de rigueur et il convient de parler à voix basse à l’intérieur des édifices. Si vous en avez la possibilité, essayez de vous y rendre tôt le matin, lorsque la lumière rasante met en valeur les façades en pierre et que le site est encore très calme. Intégrer Phát Diệm à votre itinéraire à Ninh Binh permet d’aborder une autre facette du patrimoine religieux vietnamien, où influences occidentales et traditions locales se rencontrent.
Van long : réserve naturelle des zones humides et habitat du langur de delacour
Située au nord de Ninh Binh, la réserve naturelle de Vân Long constitue la plus grande zone humide intérieure du delta du fleuve Rouge. Moins connue que Tam Cốc ou Tràng An, elle offre pourtant l’un des paysages les plus paisibles de la baie d’Halong terrestre. Ici, pas de grands groupes ni d’infrastructures massives : quelques dizaines de sampans en osier attendent les visiteurs au bord d’une digue, prêts à les emmener sur un miroir d’eau où se reflètent des falaises calcaires abruptes. La sensation de calme est immédiate, comme si le temps s’était ralenti.
Vân Long est surtout célèbre pour abriter l’une des dernières populations sauvages significatives de langurs de Delacour, ces primates endémiques du nord du Vietnam reconnaissables à leur pelage noir et blanc. Avec un peu de chance, notamment tôt le matin ou en fin d’après-midi, vous pourrez les apercevoir perchés sur les parois rocheuses ou se déplaçant en petits groupes. La réserve accueille également une grande diversité d’oiseaux d’eau, ce qui en fait un site prisé des ornithologues, en particulier en hiver, lorsque des espèces migratrices viennent y trouver refuge.
La balade en barque à Vân Long dure en général entre une heure et une heure et demie. Votre rameur vous conduira au pied de plusieurs grottes, comme Hang Ca ou Hang Bóng, qui percent les montagnes et créent des passages naturels. Contrairement à d’autres sites de la baie d’Halong terrestre, la fréquentation reste modérée, ce qui permet d’entendre clairement le bruissement des roseaux, les cris des oiseaux et le clapotis de l’eau contre la coque. C’est une expérience idéale si vous recherchez un contact plus intime avec la nature, loin de l’agitation.
Pour profiter pleinement de Vân Long, pensez à emporter des jumelles, un chapeau et de la crème solaire, car il y a peu d’ombre sur l’eau. L’accès depuis Ninh Binh se fait facilement en voiture, en scooter ou même en taxi, en une trentaine de minutes environ. En combinant cette réserve avec le parc national de Cúc Phương ou une visite de Hoa Lư, vous construirez un itinéraire varié qui met en valeur les différents visages de Ninh Binh, de ses zones humides préservées à ses montagnes karstiques emblématiques.